L’apprentissage des langues : un atout pour trouver un emploi

Les initiatives se multiplient pour favoriser l’insertion des diplômés et des demandeurs d’emploi par une meilleure connaissance des langues. Comme en témoignent les nouvelles versions de la  « werkweek » du Forem et la coopération de ce dernier avec l’UCLouvain dans la « Maison des langues ». 

Tous les recruteurs l’affirment : la connaissance des langues est un « must » pour décrocher un emploi. A l’inverse, une carence en la matière devient vite rédhibitoire à leurs yeux… «  La maîtrise des langues étrangères est très souvent un atout indéniable pour l’insertion professionnelle », confirme Philippe Hiligsmann, le vice-recteur aux affaires étudiantes de l’UCLouvain qui inaugurait cette semaine une nouvelle « Maison des langues » en partenariat avec le Forem.

« En tant qu’institution, nous avons la responsabilité de préparer au mieux nos étudiantes et nos étudiants à intégrer le marché de l’emploi. Et l’un des éléments les plus importants, selon ce que nous disent les diplômées et diplômés, c’est la maîtrise de l’anglais et du néerlandais.»

Le propos est confirmé par Marie-Kristine Vanbockestal, administratrice générale du Forem, qui souligne que « la connaissance des langues est un puissant levier d’insertion professionnelle au sein de notre pays trilingue et capitale de l’Europe. » De fait, en 2022, le Forem a diffusé 165.879 offres d’emploi qui exigeaient la connaissance au minimum de l’anglais et/ou du néerlandais.

« Grâce à son matériel pédagogique de pointe, la Maison des langues offre des formations multimodales qui permettent à l’ensemble des demandeurs d’emploi wallons de bénéficier des compétences de nos formateurs et d’augmenter ainsi leur chance d’intégrer durablement le marché multiculturel belge du travail. »

Sis à Louvain-la-Neuve, cet outil est le fruit d’une collaboration initiée en 2016 entre l’UCLouvain et le Forem, « dont les publics, même s’ils diffèrent, partagent un objectif commun : s’insérer durablement sur le marché de l’emploi », précisent les deux organismes. L’UCLouvain y organise des cours dans le cadre de ses propres masters, le Forem y proposant 17 modules de formations en anglais et en néerlandais, organisés en présentiel et/ou à distance, ainsi que des tests pour évaluer son niveau linguistique et des événements de sensibilisation.

« Avec les 1000 nouvelles bourses pour apprendre les langues en lien avec les métiers qui viennent d’être lancées, cette nouvelle Maison des langues est une seconde réalisation de taille inhérente au Plan langues de Wallonie. C’est un outil de plus et de pointe pour permettre aux jeunes et aux chercheurs d’emploi de s’émanciper et de décrocher un job », estime Christie Morreale, ministre régionale de l’Emploi.

5500 offres d’emploi en Flandre

L’initiative est d’autant plus dans l’air du temps que les marchés de l’emploi en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre sont complémentaires, quelque 45.000 Wallons travaillant actuellement au nord du pays selon Statbel. « Actuellement, plus de 5.500 offres d’emploi sur le site du Forem font référence à une opportunité d’emploi en Flandre » confirme le Forem. « Nos études soulignent le poids toujours important de la mobilité dans le choix d’un nouveau travail. Pour les jeunes, ce critère est même le plus important devant l’ambiance de travail ; les valeurs humaines de l’entreprise ; et la solidité/stabilité de l’entreprise. »

C’est dans ce contexte que le Forem a relancé son concept de « werkweek », dont la première édition pour 2023 s’est déroulée cette semaine, la seconde devant avoir lieu en octobre. L’objectif est connu : encourager davantage de demandeurs d’emploi à postuler de l’autre côté de la frontière linguistique.

Au menu : des webinaires pour mettre en avant les opportunités d’emploi dans le nord du pays, des évaluations de son niveau en néerlandais, des présentations des formations en langues, des entretiens avec des conseillers en mobilité interrégionale, des aides pour augmenter la visibilité de son profil sur les sites du Forem, du VDAB et d’Actiris, entre autres. « Ces deux semaines d’actions viennent renforcer les mesures et conseils dispensés tout au long de l’année par les conseillers en mobilité du Forem », appuie l’organisme.